lundi 11 juin 2018

LE DÉTRAQUÉ DE LA FAMILLE


(10e dim. ord. B – Mc 3, 20-35)

Les évangiles sont des textes catéchétiques écrits pour l’instruction des premières communautés chrétiennes. Lorsque Marc, entre les années 60-70, rédigeait son évangile, il y avait encore des chrétiens qui se considéraient les descendants de la famille biologique de Jésus (peut-être étaient-il les enfants, les petits-enfants, les neveux et les nièces, les petits neveux ou les petites nièces de la deuxième génération des frères et sœurs de Jésus). Les évangiles nous ont laissé les noms d’au moins quatre frères de Jésus (Jacques, Joseph, Jude et Simon), mais ils ne spécifient nulle part ni les noms ni le nombre des sœurs.

Apparemment, les descendants naturels de la famille de Jésus réclamaient un traitement de faveur au sein de la communauté chrétienne dont ils faisaient partie. Marc profite de cette circonstance historique pour mettre les points sur les «i» et pour donner une leçon aux chrétiens de son temps. Il leur dit que dans la communauté des disciples de Jésus, fondée sur ses valeurs, ses principes et animée par son esprit, ce ne sont plus les liens du sang qui comptent, mais les liens du cœur. Il leur dit que ce qui constitue désormais le seul titre d’importance, de valeur et de grandeur dans la vie du disciple, ce n’est plus l’appartenance biologique à sa famille, mais la capacité que chacun possède d’établir des liens amicaux et affectifs avec Jésus, avec l’autre, quel qu’il soit, et avec Dieu.
 Il y a cependant autre choses qui nous frappe lorsqu’on lit attentivement ce texte de Marc et lorsqu’on se laisse saisir par l’esprit qui l’anime: on est impressionné par l’extraordinaire liberté intérieure de Jésus. Au contact et à la fréquentation du Jésus des évangiles nous comprenons que ce que Jésus nous a apporté de vraiment précieux ce n’est pas tant le salut éternel, mais la liberté qu’il nous a transmise. Il a rendu possible pour nous un exode intérieur sans précédents qui nous a permis de passer d‘un Égypte intérieur d’esclavage, à une liberté de terre promise; d’une expérience d’obscurité, à une expérience de lumière; d’une situation de peur constante et congénitale, à une situation de confiance durable et sans bornes; d’une condition d’ignorance, à une nouvelle sagesse bâtie sur une nouvelle interprétation et compréhension du monde des hommes et du monde de Dieu.

Dans ce texte, Marc présente Jésus comme un homme qui a toujours vécu en dehors des normes établies et qui a constamment marché en dehors des sentiers battus. Il est l’homme qui possède la liberté du vent, dont on ne sait pas d’où il vient et où il va. Il est l’homme du «dehors», du mouvement, de la longue route, des grands espaces, du désert silencieux et sauvage, des sommets solitaires et priants, des nuits profondes et des matins radieux aux bords du lac. Il est l’homme qui ne se laisse arrêter, renfermer, emprisonner, bâillonner par personne et surtout pas par les règles, les modelés de comportement, les obligations, les impositions et les interdits de la religion. Il a vécu dans une indépendance totale vis-à-vis de toute autorité, autant civile que religieuse. Il ne reconnaît aucune autorité qui s’impose par la force de la contrainte et du pouvoir ; mais seulement celle qui se déploie par la force du service et l’ardeur de l‘amour.

 Il veut être libre d’aller toujours son chemin, même s’il faut qu’il marche sur les aspérités des ronces, des épines, des cailloux et les dangers des eaux profondes. Il n’a jamais peur de trébucher, de tomber et de couler. Il a le courage de l’aventurier et l’intrépidité de l’explorateur. Il possède la détermination, la force et la confiance qui lui viennent de la certitude qu’il est toujours porté et soutenu par la main de son Dieu.

Toute la vie de Jésus s’est déroulée à l’enseigne du «dehors». Il est né en dehors de son pays, en dehors de sa maison, en dehors du cercle de sa famille et de sa parenté. Il est chassé hors de son village. Même son succès de thaumaturge et de prédicateur itinérant s’est tourné contre lui, en l’obligeant à rester en dehors de villes et des villages et à l’écart des foules. Ses détracteurs et les membres de sa famille diront qu’il est «hors de lui». Il mourra en dehors de la ville. Lorsque ses disciples iront le visiter au tombeau où ils «l’avaient déposé» (Jn 20,15), il sera déjà «dehors» et ailleurs.

On a comme l’impression que sa suprême liberté fait de lui un homme qui ne se laisse jamais saisir, manipuler, exploiter, utiliser au gré des désirs, des plans et des intentions des autres. Puisqu’il est l’homme donné à tous, il n’appartient à personne. Il est rarement là où nous pensons le trouver ; il est souvent présent là où nous n’imaginerions jamais le rencontrer.

Jésus est l’homme du «dehors» aussi parce que toute sa vie a été façonnée par une attitude constante de décentration de soi, de don de soi, pour aller «hors» de soi et vers l’autre, les autres, vers le monde des hommes et le monde de Dieu. De sorte que, dans l’évangile de Marc, Jésus est présenté comme l’homme totalement sorti de lui-même et entièrement consacré non pas à bâtir son propre bonheur, mais uniquement le bonheur des autres.

C’est justement parce que Jésus a vécu toute sa vie en homme libre et indépendant, sans se laisser renfermer dans les cadres fixes et établis des lois, des coutumes et des traditions;
c’est parce qu’il était indomptable, imprévisible, original, unique, réactionnaire, révolutionnaire, nouveau et innovateur dans tout ce qu’il était, dans tout ce qu’il faisait et dans tout ce qu’il disait et demandait;
 c’est parce qu’il vivait et se comportait «en dehors» des règles qui dictaient le comportement du bon fils attaché à sa famille biologique et du bon croyant attaché à sa religion;
c’est parce qu’il avait fait éclater toutes les conventions, les normes et les paradigmes traditionnels,
 qu’il a suscité les inquiétudes de sa famille naturelle et des autorités, concernés et préoccupés par les conséquences de ses actions et de sa prédication.

 Les membres de sa famille pensaient qu’il s'était détraqué, qu'il était devenu fou, qu’il avait perdu la tête et ils voulaient le rapatrier de force dans son pays natal, question d’éviter au clan familial honte et déshonneur. Les membres de la religion officielle pensaient que cet homme, fauteur de troubles, de désordres, de confusion et de divisions dans le peuple, était un «diabolos» ou un «diviseur», qui agissait sous la pulsion et l’inspiration d’un esprit démoniaque.

Malgré les apparences qu’ils auraient voulu sauver, ni l’un ni l’autre de ceux deux groupes qui en voulaient à Jésus, ne se souciaient vraiment du bien être véritable du Maître. Tout ce qui les intéressait c’était ôter de la circulation et se débarrasser d’un individu devenu gênant et une source de problèmes et de tracas pour eux et pour le système établi.  

Les attitudes agressives et malveillantes autant de sa parenté que des autorités religieuses n’auront comme effet que de renforcer davantage la détermination et l’indépendance intérieures de Jésus, qui ne reculera pas d’un pas, ne révisera pas ses positions, se gardera imperturbablement sur le chemin qu’il avait entrepris et restera fidèle jusqu’au bout à la mission qu’il pensait être la sienne et qu’il était convaincu avoir reçue de Dieu.

À sa famille, à sa mère, à ses frères et sœurs qui le «cherchaient», qui voulaient «s’en emparer», mais en «restant dehors» (Mc 3, 21; 31), c’est-à-dire, sans essayer de pénétrer le mystère profond de sa personne, Jésus répondra qu’ils devront eux aussi apprendre à parcourir un chemin de conversion, de changement et de foi. Ils devront, eux aussi, entrer dedans, à l’intérieur, dans la maison où il se trouve, s’asseoir autour de lui et «rester avec lui» (Mc 3,14); assumer humblement l’attitude du disciple qui écoute les paroles de son Maître, s’imprègne de son esprit, afin de devenir capable, comme lui  de calquer sa vie sur la volonté de Dieu (Mc 3,35). 

Aux scribes, qui lui reprochent d’être possédé par un démon, Jésus répondra que ce sont plutôt eux qui sont conduits par un esprit démoniaque, puisqu’ils veulent l’empêcher de faire le bien, de répandre autour de lui amour et bonté, de guérir, de soulager les gens de leurs maux et des leurs souffrances, en redonnant à tous espoir, confiance, courage et joie de vivre.

Finalement, ce texte nous stimule, nous, les disciples de Jésus de Nazareth, à lui rassembler. Il nous pousse à être, nous aussi, des gens de convictions et de caractère, qui savent se tenir debout dans les contrariétés, les difficultés et les épreuves de la vie, soutenus, comme notre Maître, par la certitude que nous sommes tous, dans ce monde, les instruments d’un Mystère d’Amour qui cherche à se communiquer et à se rependre et qui nous tient toujours par la main.




Bruno Mori, Montréal, juin 2018

dimanche 10 juin 2018

Feuillet paroissial 10 juin 2018


Attività parrocchiali     -      Activités paroissiales
1.Il vostro contributo domenicale e della decima sono importanti per il buon andamento della parrocchia. Siate generosi!

1.Votre contribution du dimanche et de la Dîme sont importants pour la bonne santé de la paroisse. Soyez généreux !



Mise à jour :

            Lors de sa rencontre du 23 mai dernier, les membres de l’assemblée de Fabrique de la paroisse (marguilliers) Ste Catherine de Sienne, se sont penchés sur les prix demandés lors d’activités pastorales, ou encore de différentes locations de salles.
Voici donc les nouveaux prix, qui entrent en vigueur dès maintenant :
Au niveau pastoral :
    1-Messe hebdom. ou dominicale : $ 15.00 (prix fixé par le diocèse)
    2- Funérailles : $ 450.00 (avec chant et Orgue)
    3- Mariages : $ 475.00 (avec chant et Orgue)
    4- Anniversaire de Mariage : $ 320 (avec chant et orgue)
    5- Messe Commémorative : $ 240 (avec chant et Orgue)
N.B. : les numéros 2, 3, 4 et 5 sont avec chant et orgue obligatoire.

Location de Salles
1-      Grande Salle seulement                       $ 80   l’heure
2-      Grande Salle + Mezzanine                  $ 100 l’heure
3-      Grande Salle + Mezzanine + Cuisine  $ 125 l’heure
Ces 3 possibilités de location sont pour un MINIMUM de 3 heures, sauf dans les cas de location pour funérailles : le minimum est alors de 2 heures.
N.B : Aucune location de *mezzanine seulement*  n’est autorisée

INSCRIRE A VOS AGENDAS :
Dimanche 24 juin prochain : BBQ PAROISSIAL   -   
Prix : adultes : $ 15.00  -  Moins de 12 ans : $ 10  -   Billets en vente dès maintenant.


BONNES  VACANCES  PÈRE  BRUNO !
           
Et oui chers amis, le 21 de ce mois-ci, le P. Bruno nous quittera pour quelques semaines de vacances bien méritées. Il partira pour Rome ou il participera au Chapitre général de sa communauté. Nous toutes et tous lui disons donc : BONNES VACANCES ,P. BRUNO, ET REVENEZ-NOUS EN FORME  !                                                                                                       Mgr. Igino, curé


Aggiornamento :

            In occasione dell`incontro del 23 maggio scorso, i membri dell-assemblea di Fabbrica della parrocchia (fabbricieri) Ste Catherine de Sienne, si sono occupati dei prezzi richiesti in occasione di attività pastorali, o inoltre di diverse occasioni di affitto delle sale.                                                                             Ecco dunque i nuovi prezzi, che entreranno in vigore immediatamente :
A livello pastorale :
1-      Messa in settimana o  domenica : $ 15.00 (prezzo fissato dalla diocesi)
2-      Funerali :               $ 450.00 (con canto e Organo)
3-      Matrimoni :                       $ 475.00 (con canto e Organo)
4-      Anniversario di Matrimonio : $320.00 (con canto e Organo)
5-      Messa Commemorativa : $240.00 (con canto e Organo)

N.B. i numeri 2,3,4 e 5 sono con canto e organo obbligatori
Affitto delle Sale
1-      Sala parrocchiale soltanto :                      $ 80  all’ora
2-      Sala parroc. + Mezzanina :                      $ 100 all’ora
3-      Sala parroc.+ Mezzanina + Cucina          $ 125 all’ora
Queste 3 possibilità d’affitto sono per un MINIMO di 3 ore, salvo nel caso di affitto per funerali : il minimo è allora di 2 ore.
N.B. Nessun affitto soltanto della  mezzanina è autorizzato.

DATA  DA  RISERVARE
Domenica, 24 giugno prossimo, BBQ Parrocchiale.                             I biglietti sono gia in vendita: adulti $ 15 - meno di 12 anni: $ 10

BUONE  VACANZE,  P. BRUNO!

E sì, cari amici, il 21 di questo mese, padre Bruno ci lascerà per alcune settimane di meritate vacanze. Partirà per Roma, dove parteciperà al Capitolo Generale di elezioni della sua comunità. Da parte nostra gli  auguriamo: BUONE VACANZE, P. BRUNO!!!
E non dimenticare  di ritornare !!

Mons. Igino, parrocco


Messes du 10  au 17 juin  2018



Dimanche      10 juin –- 10e dimanche du temps ordinaire -   
9h30                Mirella Trocchia, dal marito; Sestilio Di Giacomo, dalla moglie; Dora Masella, dal  marito; Giuseppe Palumbi, dalla moglie Ersilia; Dario e Caterina Fazi, da Gilda e Domenico; tutti i defunti di Angelo e Dina Tuccia;  in onore di S. Agata, dai Prossetani.
11h00                    Georgette Rozon, de  Viviane;
Pour  Mohammed  El Khebir, de Leila.

Lundi                     11 juin  –St Barnabé Apôtre -  
8h30                      Défunts famille Ragonici, da Italia;
Maria Karaplis, de Marianne Pham.

Mardi                     12 juin   Férie -
8h30                      Aida Cesari e Arcangelo, da Linda e Remo D’Alesio;
Per i defunti famiglia Pasquina e Giuseppe Casarcia.

Mercredi              13 juin  - St Antoine de Padoue -
8h30                      Agostino Castelli, da Linda e Remo  D’Alesio.

Jeudi                     14  juin   -  Férie   -
8h30                       Enzo Vietri,dalla sorella Rosa;
Aida Cesari, da Gilda e Domenico.

Vendredi               15 juin  - Férie -
8h30                      Sisto Palucci, dalla moglie Rosa ;
19h00                    Messa commemorativa per Caterina e Dario Fazi,  dai nipotii D’Alesio.

Dimanche            17 juin –- 11e dimanche du temps ordinaire 
9h30                      MESSA COMUNITARIA: Angelo Tuccia, dalla  famiglia; Giuseppe Pisenti, dalla figlia;  Maria Felice Vitti e Adelina,da Giovanni; Sisto Palucci, dalla figlia Laura e Vincenzo;  Vincenzo Piscitelli, dai figli Vincenzo e Laura; Sante Campanelli e Giovanni Stangoni, da Aldo e Marisa; Giuseppe Sanalitro, dalla moglie e figlie; Emilio Fantacone, dalla moglie; per tutti i defunti famiglia Pasquale Iacofano,dalla figlia Giovanna; Orlando Gioffré, da parrocchiana.
11h00                    Orazio di Lucia et Franco Longobardi, de leurs enfants;
Alexandre Khouzam, par son épouse Marie-Thérèse;
En l’honneur de St Joseph, de Pietro Ventura.

Quête de dimanche dernier : $ 966

Merci beaucoup !   Mille Grazie !!!

dimanche 20 mai 2018

Feuillet paroissial 20 mai 2018


Attività parrocchiali     -      Activités paroissiales
1.Il vostro contributo domenicale e della decima sono importanti per il buon andamento della parrocchia. Siate generosi!
2. Non dimenticate de fare celebrare delle messe per i vostri defunti. Fa bene a loro, fa bene a voi e fa bene anche alla parrocchia !
1.Votre contribution du dimanche et de la Dîme sont importants pour la bonne santé de la paroisse. Soyez généreux !
2. N’oubliez pas de faire célébrer des messes pour vos défunts. C’est bon pour eux, c’est bon pour vous et c’est bon aussi pour la paroisse ! 



Animati per sempre dallo Spirito di Gesù


È iniziato il tempo della Chiesa: siamo noi, ora, a rendere visibile il Regno. Ma sentiamo il peso di questo incarico, abbiamo bisogno di un aiuto, di un soccorritore. Abbiamo bisogno dello Spirito Santo.
Luca descrive l'evento rimandando esplicitamente alla teofania di Dio sul monte Sinai: i tuoni, le nubi, il fuoco, il vento sono elementi che descrivono la solennità dell'evento e la presenza di Dio ma che possono anche essere riletti in una chiave spirituale. Lo Spirito è tuono e terremoto: ci scuote nel profondo, scardina le nostre presunte certezze, ci obbliga a superare i luoghi comuni sulla fede (e sul cristianesimo!). Lo Spirito è nube: la nebbia ci costringe a fidarci di qualcuno che ci conduce per non perdere la strada della verità. Lo Spirito è fuoco che riscalda i nostri cuori e illumina i nostri passi. Lo Spirito è vento: siamo noi a dover orientare le vele per raccogliere la sua spinta e attraversare il mare della vita! Lo Spirito diventa l'anti-babele: se l'arroganza degli uomini ha portato alla confusione delle lingue, a non capirsi più, la presenza dello Spirito ci fa udire un solo linguaggio, una sola voce. Invochiamo lo Spirito quando non ci capiamo in famiglia, in parrocchia, sul lavoro. Invochiamolo quando non riusciamo a spiegarci. Lo Spirito fa diventare i pavidi apostoli dei formidabili evangelizzatori: ora non hanno più paura e osano, vanno oltre, dicono senza timore la loro fede e la loro speranza. È la pentecoste: la Chiesa si inebria e diventa missionaria. (P.Curtaz)

jeudi 17 mai 2018

Quelques réflexions sur le récit de l’Ascension



(Act.1,1-11 – Luc. 24, 50-52 – Mc. 16,19)

Le récit de l’ascension est surtout une construction de l’évangéliste Luc qui, comme il a voulu illustrer d’une façon particulièrement solennelle l’entrée de Jésus en ce monde en l’entourant d’événements merveilleux, d’anges, de chœurs célestes, d’astres qui s’allument et qui bougent soudainement dans le ciel, de mages mystérieux qui se prosternent devant le nouveau-né, il a voulu aussi présenter d’une façon spécialement triomphale (surtout dans le récit qu’il en fait dans les Actes des Apôtres) la sortie de Jésus de ce monde, en s’inspirant des récits d’ascensions au ciel avec lesquels les écrivains de son temps avaient illustré et célébré le départ de ce monde de certains grands personnages de l’histoire  ancienne (Romulus, Héraclès, Empédocle, Alexandre le Grand, Apollonius de Tana, Hénoch, Elie…).

Ce récit n’est donc pas à prendre comme un fait réel et historique, mais uniquement comme un conte symbolique, composé par les évangélistes dans un but catéchétique : instruire les chrétiens que Jésus, malgré sa mort, continue à être présent par son esprit dans la vie et la communauté de ses disciples qui, sont appelés à en continuer l’œuvre. Ce mythe, avec sa mise en scène fantastique, au cours de laquelle Jésus donne ses ultimes consignes avant de disparaître dans les hauteurs du ciel, cherche à impressionner les chrétiens en leur présentant un Jésus qui, revêtu du pouvoir et de la gloire de Dieu et vivant plus que jamais, est devenu désormais l’inspirateur, le souffle, l’âme, la lumière, le guide, le chemin et la vie de ceux et celles qui croient en lui.

Il est donc important pour nous de ne pas nous arrêter aux détails cocasses et rocambolesques du récit, mais de de nous laisser interpeller par le message que le texte veut communiquer.

Quel est ce message ? Celui que l’ange du conte de Luc adresse aux disciples : «Ne restez pas là, les yeux levés à contempler le ciel ! Il faut désormais renverser la direction de vos regards. Il n’y a rien à regarder là-haut qui puisse vous intéresser ! Préoccupez-vous de ce qui est ici-bas! Alors, partez, engagez-vous, témoignez, annoncez la bonne nouvelle que le monde est le lieu de la présence d’un Esprit qui vient de Dieu. Allez dire à tous que destin de l’homme ne se joue pas au ciel, mais sur terre ; le seul lieu où l’on peut trouver Dieu, ce n’est pas là-haut, mais ici-bas. Annoncez que pour trouver Dieu, il faut trouver l’homme ; que pour aimer Dieu, il faut aimer l’homme et que l’on ne peut se confronter au mystère de Dieu, qu’en déchiffrant le mystère de l’homme et du Cosmos qui l’a produit.

Ce nouveau regard que nous, les chrétiens, portons sur le monde, devrait nous aider à donner plus de sens à la réalité qui nous entoure et à nous empêcher de sombrer dans la peur, l’angoisse, le découragement et la désespérance qui caractérisent souvent les attitudes et le comportement de ceux qui n’ont pas la foi, qui vivent au ras du sol et qui sont cependant confrontés aux drames, aux revers et aux malheurs de l’existence.

Pour nous, les chrétiens, ce récit de l’Ascension n’est pas dans les évangiles pour rien [i]. Il est là non seulement pour nous faire réaliser que le ciel est ouvert; qu’il est possible de regarder plus haut, au-delà des apparences, au-delà ce que nous voyons habituellement avec nos yeux de myopes qui ne voient presque rien.

Ainsi ce récit est-il là pour nous dire qu’il est possible de regarder plus en profondeur et dans les profondeurs des êtres qui nous entourent, si nous voulons que se révèle à nous quelque chose du mystère divin qui est présent partout ; qui pénètre tout et qui porte toute chose par la force de son attraction et de son amour.

Sans une ouverture du cœur et de l’esprit sur cette dimension plus profonde, plus mystérieuse, plus sacrée et donc plus spirituelle de la réalité; sans une prise de conscience des virtualités et des forces divines qui la traversent et l’habitent, les humains risquent de s’établir, d’un côté, dans une attitude de domination, de confrontation et d’exploitation insensible, arrogante et égoïste du monde et de la nature et, de l’autre côté, dans la banalisation, l’insignifiance et même la déshumanisation de leur existence.

Si nous possédons l’esprit de Jésus, nous devenons capables de comprendre que tout a un sens; que le silence possède une Parole; que l’obscurité est traversée par une lumière, que les profondeurs doivent aussi être atteintes pour gagner les hauteurs et ainsi rencontrer le mystère de la présence de Dieu.

La foi que Jésus nous a laissé en la présence de l’esprit divin dans notre monde, est le seul moyen que nous avons d’échapper à la désespérance et pour nous convaincre que nous n’avons pas le droit de baisser les bras, mais que, tous ensemble, nous avons la possibilité d’affronter et de lutter contre les forces de l’égoïsme et du mal et de bâtir un monde plus juste, plus fraternel, plus humain et plus beau.

 Ce conte symbolique de l’Ascension qui introduit Jésus, l’homme moulé par l’Esprit de l’Amour, dans les hauteurs profondes de notre Univers imprégné et animé par la présence de l’Esprit de Dieu, n’est rien d’autre qu’une parabole qui cherche à faire comprendre que la flamme de l’Amour brille toujours dans les profondeurs de notre monde, même au cœur de nos nuits les plus noires, et qu’elle ne demande qu'à nous éclairer et qu’à nous guider.




Bruno Mori - Montréal, mai 2108








[i] Le récit de l’Ascension originairement se trouvait seulement dans les écrits de Luc. Matthieu et Jean n’en parlent pas. Dans Marc, la courte allusion à l’Ascension de Jésus a été placée dans le dernier chapitre (16e) de son évangile. Ce chapitre est une appendice ajoutée postérieurement (au début du IIe siècle) par un auteur inconnu qui a voulu résumer maladroitement certains événements de la fin de la vie de Jésus racontés par Mathieu et Luc et qui manquaient dans l’évangile originaire de Marc.



mardi 15 mai 2018

Feuillet paroissial 13 mai 2018


Attività parrocchiali     -      Activités paroissiales
1.Il vostro contributo domenicale e della decima sono importanti per il buon andamento della parrocchia. Siate generosi!
2. Non dimenticate de fare celebrare delle messe per i vostri defunti. Fa bene a loro, fa bene a voi e fa bene anche alla parrocchia !
1.Votre contribution du dimanche et de la Dîme sont importants pour la bonne santé de la paroisse. Soyez généreux !
2. N’oubliez pas de faire célébrer des messes pour vos défunts. C’est bon pour eux, c’est bon pour vous et c’est bon aussi pour la paroisse ! 

SARÒ  SEMPRE  CON VOI…
Oggi celebriamo la festa della moltiplicazione e della estensione dell'amore di Cristo. Ognuno di noi può dire, nella fede, a ragione: io ho incontrato Cristo, perché egli non è più ristretto e costretto in un luogo, ma presente in ogni luogo e in ogni tempo, è il raggiungibile.
Lo stesso Cristo che ha camminato con i piedi impolverati duemila anni fa, lo stesso Cristo riconosciuto presente nelle comunità primitiva, lo possiamo incontrare nella fede e, ancora oggi, milioni di uomini e donne dicono di averlo conosciuto. Ora in Dio c'è un uomo. Nella pienezza di assoluto che è l'infinito Dio, c'è il volto ben definito di un uomo: Gesù di Nazareth. È come se, ora, Dio ne sapesse di più, come se Dio avesse imparato anche ad essere uomo (lo so, teologicamente scricchiola, ma poeticamente mette i brividi!). Nessuno può più dire: "Dio non conosce la mia sofferenza" oppure: "Che c'entra Dio con la mia vita?". Dio sa. L'Ascensione è come una cerniera nella storia di Gesù e degli apostoli: segna il passaggio da un prima a un dopo cui gli apostoli dovranno abituarsi: Gesù scompare alla loro vista sensibile, torna al Padre pur promettendo una presenza reale. Gli apostoli, è comprensibile, faticheranno ad abituarsi a questa nuova situazione. Gli apostoli sono invitati, dopo avere seguito Gesù nella crocifissione e nella resurrezione, a seguirlo anche nell'ascensione, a diventare testimoni del risorto. (P.Curtaz)


Bonne fête Maman
Tout jeune, j’ai appris à célébrer la fête des mères à l’école. La maîtresse nous faisait apprendre par cœur un « compliment » et nous devions apporter 0.25$ pour acheter une rose que nous remettions à notre mère en l’embrassant, lors d’une soirée pendant laquelle évidemment nous présentions une « séance » et un chant sentimental, style « Dans la vie, le premier cri, c’est maman! »
De nos jours les coutumes ont changées. Les enfants offrent aux mères modernes une carte fabriquée en dix minutes à même le matériel de bricolage de l’école, puis, en guise de remerciement, cette chère maman se sent obligée de les amener manger chez McDonald’s.
Non pas que je regrette le temps d’autrefois, mais je m’interroge parfois sur la sincérité de ces sentiments « sur commande ». Quand on voit comment les ados se mettent leurs parents à dos quelques années plus tard, je proposerais à l’ONU de décréter un moratoire à la fête des mères et des pères, histoire de réfléchir sur le sens de ces festivités. À moins qu’en cette année internationale de la famille, on réussisse à redécouvrir ce qu’est une famille vraie où l’enfant apprend non seulement ses droits avec des voitures à parois de polymère et des couches anti-fuites, mais également ses devoirs d’affection et de respect de l’autre.
En attendant, j’offre à toutes nos mères, au nom de ceux et celles qui les oublient, un hommage de gratitude pour la vie qu’elles ont donnée et qu’elles continuent de communiquer par les dévouements de leur amour.
Malgré les temps et les coutumes, la mère demeure toujours la « moman(Bernard St-Onge) 

dimanche 6 mai 2018

«L’amour est de Dieu et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu» (1 Jn 4,7)


 (6e dim. pâques B – Jn 15,9-17)

Ce texte que nous venons de lire est tiré d’un long discours d’adieu, appelé aussi «le testament spirituel» que l’évangile de Jean met sur les lèvres de Jésus juste avant sa mort. Le thème central du monologue que Jean attribue à Jésus, c'est l'amour qui unit Jésus a son Dieu et qui doit unir aussi les disciples entre eux et avec leur Maître.  

Dans l’évangile de Jean, Jésus est présenté comme un homme qui a vécu une relation particulièrement intime avec Dieu ; qui a fait une expérience absolument unique de Dieu et que l’évangéliste qualifie «d’expérience amoureuse» faite de communion, d’intimité et de profonde tendresse. Le Jésus de Jean est l'homme épris de Dieu, qui a centré et orienté toute son existence sur Dieu; qui a su s’imprégner à tel point de son Esprit, qu’il a pu se sentir en droit d’affirmer que lui et Dieu ne faisaient qu’un seul être ; qu’il ne faisait toujours que ce que Dieu voulait et lui inspirait. Il disait aussi que ceux qui écoutaient ses paroles et voyaient ses œuvres, entendaient les paroles de Dieu et voyaient les œuvres de Dieu. Jésus parlait de Dieu du plein de son cœur, parce qu'il vivait dans sa communion et dans sa présence et aussi parce qu'il avait été saisi et fasciné par son mystère. Dans l’intensité de son expérience, il avait découvert que son Dieu est le fondement de tout, source d’amour, d’être et vie ; qu’il est don, pardon, père, mère, frère, ami. Il avait découvert que c’était cet Amour-Dieu qui le faisait vivre ; qui était l'âme de son Esprit, au point que, dans son expérience de Dieu, Jésus avait compris que seulement en entrant en contact avec cette Réalité Amoureuse Ultime, l'homme pouvait trouver le sens de son existence, vivre selon sa nature, réaliser pleinement son humanité et vivre en paix avec lui-même et le monde qui l’entoure.

Cette expérience a permis à Jésus de parvenir à une connaissance tellement profonde de Dieu, qu’il a pu nous révéler quelque chose de totalement nouveau et inédit  sur Dieu. Il nous a révélé que ce Mystère Ultime que nous appelons Dieu est une Énergie d’Amour Infini qui est présente et à l’ouvre partout dans l’Univers. Cette Énergie amoureuse est à l’origine et pénètre également tout ce qui existe, comme la sève, l’âme, l’esprit, la finalité qui anime, vivifie, soutient et dirige l’Univers entier vers un développement, une évolution, une complexification, un perfectionnement toujours plus grand.

Jésus a insisté sur le fait que cette Énergie Amoureuse Originelle est spécialement active, forte et perfectionnée dans l’être humain, qui devient alors la conscience que le cosmos possède de lui-même et de la présence des dynamiques de l’amour, des qualités de l’amour et des possibilités dans notre monde.

Jésus nous révèle ainsi que dans cet Univers, l’amour est tout ; que sans la force de cet amour qui «attire» et unit toute chose, rien ne peut ni naître ni subsister. Son enseignement nous a fait comprendre que dans notre monde, l’amour est dieu et dieu est l’amour. Que c’est uniquement l’amour que nous devons chercher, cultiver, désirer, pratiquer, répandre, si nous voulons nous réaliser pleinement selon notre nature d’humains. D’après Jésus, c’est seulement devant l’amour que nous devons nous agenouiller, si nous voulons adorer Dieu et rendre hommage à nos frères.

Jésus nous enseigne qu’il n’y a pas d’autres trésors que nous devons chercher, ni d’autres richesses que nous devons convoiter, ni d’autre grandeur à laquelle nous devons aspirer en dehors de l’amour. Si nous devenons des êtres capables d’aimer avec la qualité et la force d’amour qui est en Dieu, qui s’est manifesté en Jésus et qui a été déposée en chacun de nous, nous deviendrons des chefs d’œuvre d’humanité. Nous deviendrons l’écho, le reflet et les instruments de l’Amour Originel (Dieu) par lequel se construit la qualité, la bonté et la grandeur de notre monde et de notre société.

Ainsi dans les écrits de Jean, Jésus nous dit que son Dieu, le Dieu que lui connaît, n’est pas rencontré dans les temples, les églises, les rites, les cultes, les sacrifices, les pratiques et les observances des religions, mais seulement dans l’amour que nous développons et que nous donnons à nos frères. Jésus nous révèle ainsi que nous rencontrons Dieu seulement lorsque nous rencontrons nos frères et que nous sommes capables d’établir avec eux des relations basées sur l’amour fait d’accueil, de bienveillance, de communion, de respect, d’attention, d’écoute, de compassion et de partage. Jésus a su faire cette expérience d’amour et de don de soi et c’est pour cela qu’il est apparu à tous comme la manifestation la plus extraordinaire de la présence divine dans notre monde et c’est pour cela qu’il nous apparaît à nous aussi aujourd’hui comme un des modèles les plus accomplis d’humanité.

Alors en tant que chrétiens nous devons avoir toujours présent à l’esprit cette vérité fondamentale: le christianisme auquel nous appartenons, est un mouvement spirituel (et non pas une religion !) issu de Jésus de Nazareth qui appelle les hommes non pas tant à se diviniser, mais à s’humaniser, sur l’exemple et la parole de leur Maître et Seigneur.


Bruno Mori